mardi 9 décembre 2008

הרב משה בן מיימון (Moshe ben Maïmon, dit Maïmonide)

Homme de foi, théologien, philosophe et médecin, Maïmonide est une des grande figure de la pensée juive. Originaire de Cordoue, dans l'Espagne musulmane du début du XIIème siècle. Sa pensée médicale, incluant l'homme dans la création divine, influence de manière durable les pratiques médicales orientales mais aussi occidentales.

Bien que l'on n'ait pas retrouvé le manuscrit médiéval original, on lui attribue un texte qui est une véritable profession de foi d'un médecin dévoué à l'être humain. Les thèmes développés restent encore bien d'actualité, et il me semble tout à fait complémentaire du serment d'Hippocrate que nous imprimons sur nos thèses.

"Mon Dieu, remplis mon âme d'amour pour l'Art [médical] et pour toutes les créatures. N'admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m'influencent dans l'exercice de mon Art, car les ennemis de la vérité et de l'amour des hommes pourraient facilement m'abuser et m'éloigner du noble devoir de faire du bien à tes enfants. Soutiens la force de mon cœur pour qu'il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l'ami et l'ennemi, le bon et le mauvais.

Fais que je ne voie que l'homme dans celui qui souffre. Fais que mon esprit reste clair auprès du lit du malade et qu'il ne soit distrait par aucune chose étrangère afin qu'il ait présent tout ce que l'expérience et la science lui ont enseigné, car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures.

Fais que mes malades aient confiance en moi et mon Art pour qu'ils suivent mes conseils et mes prescriptions. Eloigne de leur lit les charlatans, l'armée des parents aux mille conseils, et les gardes[-malades] qui savent toujours tout: car c'est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l'Art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l'amour de mon Art, comme une cuirasse, me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l'âge de mes ennemis. Prête-moi, mon Dieu, l'indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers.

Fais que je sois modéré en tout, mais insatiable dans mon amour de la science. Eloigne de moi l'idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l'occasion d'élargie de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd'hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l'Art est grand mais l'esprit de l'homme pénètre toujours plus avant."


Trad. SOULIER, Du serment d'Hippocrate à l'éthique médicale, thèse de médecine, Marseille, 1985

1 commentaire:

toubiblog a dit…

"Eloigne de leur lit les charlatans, l'armée des parents aux mille conseils, et les gardes[-malades] qui savent toujours tout"