mercredi 1 octobre 2008

Evel an Ankoù heoliet

 Ce qu'il y a de bien dans nos régions méditerranéennes, en début d'année scolaire, c'est que l'on rencontre plein de gens qui déménagent pour mettre leurs problèmes au soleil. On ne sait jamais, peut-être qu'avec une mine bien bronzée, tout changera... Malgré le succès de films comme "Bienvenue chez les Ch'tis", il persiste bien une attirance compulsive vers un certain nombre de clichés météorologiques. Le ciel bleu, la végétation vert sombre, la mer azur, plate et sans marée, les cigales (qui, il faut le rappeler, ne chantent que deux mois par an) et le pastis existent bel et bien, mais peuvent n'être qu'un miroir aux alouettes.

C'est comme cela que j'ai fait la connaissance de l'histoire bretonne de l'Ankou, le collecteur des âmes des défunts dans sa charrette grinçante, mais d'une manière un peu particulière.

Elle a toujours vécu en région parisienne et vient juste de prendre sa retraite. Elle n'a pas de famille la retenant là-bas et vit en couple avec un breton depuis plusieurs années. Ils ont donc décidé de tout planter pour venir vivre des vacances perpétuelles sous le soleil. Ce n'est pas facile tous les jours, il a un caractère bien trempé. Il est veuf depuis quelques années, mais dans sa maison, son ancienne femme est toujours présente. Ses robes sont toujours dans la penderie, son sac de plage est encore prêt à partir, son bol et son chocolat (la même boîte qui n'a plus été ouverte depuis...) sont prêts pour le petit déjeuner et on ne refait pas la peinture car ce sont ces couleurs-là qu'elle avait choisies. Du coup, il est un peu difficile de refaire une place en tant que femme dans ce lieu (!). Réfléchissant avec mes pauvres cases méditerranéennes, évoquant une souffrance liée à un deuil pathologique, je pose naïvement la question de toutes ces persistances d'objets de la défunte. "Mais c'est à cause de l'Ankou, on ne sait jamais quand il va passer, alors on laisse tout en l'état".... Qu'es aquò qu'aqueste bestiòla ...? me dis-je donc méridionalement... J'ai donc appris plein de choses sur les légendes de la lande bretonne et de ce faucheur d'âmes. J'imagine donc maintenant toutes les maisons bretonnes remplies des affaires des défunts, que l'on ne touche plus de peur de faire rater le coche à l'âme en attente. 

Mais les vivants restants, ils les rangent où, leurs affaires ???

Merci au dictionnaire Freelang pour la traduction du titre.

4 commentaires:

Virginie a dit…

Oh le joli post :)..<--- ( petite larmichette émue)..
Et bien , pour avoir grandi avec l'ankou, les elfes et les korrigans, je peux juste dire que dans les campagnes, on ne rigole pas avec ça.A tel point que je ne pourrai jamais dormir dans une forêt..j'en suis trop impreignée.
Pour ce qui est de l'entassement de vieilleries, c'est partout pareil non? Je veux parler de ceux qui ne parviennent pas à se défaire d'un lien ou bien qui comblent des manques affectifs etc ( y'en a plein dans l'émission sur M6 " C'est du propre")...Maintenant il est vrai qu'ici, en Bretagne on est peut-être un peu spéciaux, je sais pas...comme par exemple, pour citer un cas de fétichisme morbide,les cimetières dans lesquels on entreposait les restes humains, le crâne bien en vue sur un reliquaire contenant des cheveux, des objets..Le tout était en plein air dans une sorte de mur composé de niches.
Je crois qu'ils ont arrêté de le faire ( parce que c'était devenu interdit)dans les années 40/50 ...C'était surtout typique du nord de la Bretagne.

Sophie a dit…

Une très belle légende.. Légende ou croyance? ... Qui peut-être un frein à l'épanouissement conjugal nouvellement mis en place, effectivement! Mais le chocolat en poudre... Il doit être moisi maintenant!!!! ;-)

Virginie a dit…

C'est le gâchis du chocolat en poudre qui est le plus dramatique au final.

TITI a dit…

Mouais, j'suis pourtant bien bretonne du fin fond du bout de la terre avec de la famille du en core plus fin fond....Autant je connais la légende, autant j'ai jamais entendu qui que ce soit l'appliquer à la lettre comme ça...