lundi 18 août 2008

"Un externe pour un ecg..."


C'est comme ça que l'on est accueilli en général durant le premier stage aux urgences. Le temps de trouver le réduit obscur du sous-sol (mais il est où ce code de porte ???) où sont empilées toutes les tenues du personnel, par ordre alphabétique pour les médecins, par fonction pour les infirmiers/ères ou les aides-soignant(e)s, et par tas pour les externes (j'ai bien dis tas, pas taille...). C'est donc en train de se battre avec les piles de linges qu'on peut entendre pour la première fois la douce voix de l'interphone sussurer métalliquement cette phrase qui durant 4 mois va finir par nous réveiller la nuit : "Un externe pour un ECG...".

Il faut dire qu'avec déjà deux ou trois ans d'expérience, un externe est un technicien ès-ecg hors pair. Tous les détails de l'anatomie de cet appareil sont connues, les angoisses du manque de papier, du stylet qui n'écrit pas (c'est pas le papier qui est à l'envers ?), de la batterie qui ne marche pas ("qui a oublié de rebrancher la machine hier !!!!"), du gel qui ne coule pas, et puis (splash !) qui dégouline d'un coup, de ces p... d'électrodes à deux balles qu'il faut décoller avec les ongles que je n'ai pas, alors qu'aux urgences, quelle chance, il paraît qu'ils en ont des prégélifiées.... Sympa d'ailleurs, ces petites pastilles rondes en papier accrochées à un fil electrique. Certaines fois, elles ne conduisent pas bien le signal électrique (pas assez de gel ?). D'autres fois elles ne collent pas suffisamment (trop de gel ?), sauf au moment de les décoller (aïeuh, mes poils !!!). Mais elles peuvent servir à beaucoup de choses, la preuve, un patient m'a demander de les lui mettre de côté pour faire une guirlande de Noël avec les fils récupérés !!! (authentique, vrai de vrai !).

Bref, à l'instar du technicien de carglass qui passe souvent à la radio, un externe est un pro de l'électro, n'hésitez pas à faire appel à lui en cas de besoin. Le souci, justement, c'est qu'à force d'enregistrer des petites lignes sur du papier, j'ai eu tendance à me transformer en enregistreur plus qu'en être cérébré. Parce que ce qui compte, au final, c'est l'interprétation, qui a tendance à passer au second plan derrière toutes les contraintes techniques.

Avec toutes ces heures passées derrière cet appareil en tant qu'externe, je me suis dit que ce serait dommage de ne pas m'équiper une fois installé. Et ce n'est que la semaine dernière que j'ai compris à quoi ressemblait le mystérieux S1Q3 que je n'avais jamais rencontré (ou jamais voulu voir). Le monsieur a eu une embolie pulmonaire, il est à l'hôpital et va très bien, et moi je suis bien content d'avoir acheté cette machine et d'avoir perdu autant de temps à coller des électrodes.

1 commentaire:

Marie a dit…

Oh, un S1Q3 en vrai de vrai ?
Ce serait pas possib' d'en faire un joli scan pour la culture Gé des externes-enregistreurs qui passent sur ce blog ? Siouplé :-)